Et si nos « petits problèmes » étaient le début des grandes solutions ?

Il ne s’agit pas de remplacer les institutions ni de prétendre que les citoyens doivent tout résoudre seuls. Il s’agit de mieux comprendre les responsabilités, d’identifier les bons interlocuteurs et de créer les liens nécessaires pour faire émerger des réponses.

Yana Mbenda

8/16/20263 min read

Il y a des réalités que l’on finit parfois par considérer comme normales simplement parce qu’elles sont devenues quotidiennes.

Une rue dégradée. Un quartier plongé dans le noir. Des déchets qui s’accumulent. Des coupures d’eau répétées. Mais aussi une jeune fille mère laissée seule face à ses responsabilités, des jeunes qui basculent dans la drogue, un voisin âgé complètement isolé, des enfants qui décrochent de l’école ou des familles qui ne savent plus vers qui se tourner lorsqu’un problème survient.

Certains parleront de « petits problèmes ». Pourtant, lorsqu’une difficulté affecte chaque jour la dignité, la sécurité ou l’avenir d’une personne, elle n’a plus rien de petit.

C’est dans cet esprit que je pose cette semaine, dans la rubrique « Votre avis compte » de l’application YANA, cette question :

Si une seule chose pouvait être améliorée rapidement dans votre quartier, laquelle choisiriez-vous ?

Les réponses ont volontairement été simplifiées au maximum : l’état des routes et des rues, l’accès régulier à l’eau potable, l’éclairage public et la sécurité, la propreté et la gestion des déchets, ou une autre priorité à préciser.

Pourquoi faire compliqué lorsqu’on peut être clair ? Le besoin ici n’est pas de produire de longs discours ni d’ajouter du bla-bla. Il faut pouvoir identifier rapidement ce que les citoyens vivent et ce qu’ils considèrent comme prioritaire.

Identifier avant de prétendre résoudre

La rubrique « Votre avis compte » sert précisément à identifier les préoccupations réelles des citoyens, telles qu’elles sont vécues sur le terrain.

Pas celles que l’on suppose. Pas celles que l’on décide à leur place. Celles qu’ils vivent réellement.

Parce qu’avant de chercher une solution, il faut commencer par écouter.

De l’opinion à la solution

Mais constater ne suffit pas.

C’est là qu’intervient La Communauté des Aigles. Cet espace doit permettre de discuter des problèmes identifiés, de partager les expériences, de confronter les idées, de repérer les initiatives qui fonctionnent déjà et surtout de rechercher des solutions concrètes.

Signaler un problème est nécessaire. Construire une réponse collective est encore plus important.

Une jeune fille mère, par exemple, n’a pas seulement besoin que l’on constate sa situation. Il faut pouvoir réfléchir à l’accompagnement scolaire, à la formation, à la garde d’enfants, à l’insertion professionnelle ou aux structures susceptibles de l’aider.

Face aux jeunes qui se droguent, dénoncer ne suffit pas davantage. Il faut interroger la prévention, le désœuvrement, l’encadrement, les familles, l’école, les associations, les communautés religieuses, les pouvoirs publics et les possibilités concrètes d’action.

De la même manière, une rue sale ou mal éclairée pose la question des responsabilités publiques, mais aussi celle de notre organisation collective et de notre capacité à nous mobiliser.

Faire du quotidien un point de départ

L'application YANA repose sur une idée simple : nos problèmes quotidiens peuvent devenir le point de départ d’une réponse citoyenne collective.

Observer, écouter, identifier, discuter, proposer, organiser, agir.

Il ne s’agit pas de remplacer les institutions ni de prétendre que les citoyens doivent tout résoudre seuls. Il s’agit de mieux comprendre les responsabilités, d’identifier les bons interlocuteurs et de créer les liens nécessaires pour faire émerger des réponses.

Un problème n’est jamais petit lorsqu’il finit par empoisonner la vie quotidienne de toute une communauté.

YANA — Oser le lien. Porter l’avenir.