Le Cameroun ne pourra pas aller plus loin sans ses femmes !

Des générations ont travaillé, construit, entrepris, administré, enseigné, soigné, créé et transmis. Des femmes ont déjà franchi des portes autrefois fermées. Le Cameroun n’est pas une terre où rien n’a été fait. Il faut le reconnaître, mais il faut également avoir le courage de dire ceci : ce n’est pas encore suffisant.

Yana Mbenda

8/13/20262 min read

Des femmes occupent aujourd’hui des responsabilités politiques, économiques, sociales, universitaires, religieuses et entrepreneuriales qui étaient encore difficiles d’accès il y a quelques décennies. Il faut le reconnaître. Beaucoup a été fait, mais ce n’est pas suffisant.

Si nous voulons aller plus loin, nous devons apprendre à mieux mobiliser toutes les forces de notre société. Et parmi elles, il y a les femmes.

Pas pour remplacer les hommes, encore moins pour importer chez nous toutes les guerres idéologiques disponibles sur le marché international. Nous avons déjà assez de problèmes locaux. La vraie question est simple: que pourrait devenir le Cameroun si davantage de femmes pouvaient pleinement apporter leur dynamisme, leur expérience, leur créativité et leur regard dans les espaces où se construit l’avenir ?

Pour y répondre, revenons à nos racines.

La place de la femme africaine n’a pas commencé avec les débats modernes sur l’égalité. Nos sociétés ont connu des reines, des commerçantes influentes, des médiatrices, des conseillères, des mères de lignage, des gardiennes de savoirs et des bâtisseuses de communautés.

La femme africaine n’a donc pas attendu qu’on lui explique qu’elle pouvait avoir de l’influence.

Elle en avait.

Aujourd’hui, cette place doit simplement prendre une nouvelle dimension.

Je parle souvent de la femme comme d’une porteuse de vie. Pas seulement parce qu’elle peut donner naissance à un enfant. On donne aussi vie à une idée, une entreprise, une association, une école, un quartier, une communauté, une politique publique ou une vision.

La femme peut apporter la vie dans toutes les dimensions de la société, dans l’économie, l’éducation, la culture, le social, la politique, la spiritualité et la vie communautaire.

Mais davantage de femmes ne suffit pas. Il faut aussi des femmes préparées, formées, autonomes, conscientes de leur histoire, capables de comprendre les institutions, de décider, de gérer, de négocier et d’assumer leurs responsabilités et surtout, des femmes capables d’entrer dans la modernité sans déposer leurs racines à l’entrée, parce qu’être moderne ne signifie pas devenir étrangère à soi-même.

Il faut aussi sortir d’une vieille absurdité : croire que donner davantage de place aux femmes signifie nécessairement en retirer aux hommes.

Une nation n’est pas une chaise musicale.

Le Cameroun a besoin de femmes et d’hommes capables de bâtir ensemble, avec des expériences, des sensibilités et parfois des manières différentes d’aborder les problèmes et cette différence peut être une richesse.

Je ne souhaite pas que les femmes entrent davantage dans la vie publique pour reproduire exactement les mêmes pratiques que celles qu’elles critiquaient hier. Sinon, autant économiser les discours.

J’attends qu’elles apportent réellement une touche différente, davantage de proximité avec les réalités quotidiennes, de sens de la communauté, de transmission, d’attention aux plus vulnérables et aux générations futures.

Le Cameroun a déjà parcouru du chemin. Il ne s’agit pas de tout recommencer. Il s’agit maintenant d’aller plus loin, et pour cela, il faudra utiliser toutes nos forces.

Les femmes en font partie. Pas comme décor. Pas comme quota. Comme actrices pleinement engagées dans l’avenir du Cameroun.

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